lundi 26 octobre 2009

A venir "Le logo du type"

dimanche 13 septembre 2009

Non de Noms

Ma feuille de route commençait à se faire de plus en plus précise. J'exploiterai donc la variété gastronomique par famille de produits en allant crescendo dans la difficulté et la prise de risques.

L'avantage de commencer par les confiseries étant de pouvoir minimiser l'investissement de départ. En effet, leur stockage ne nécessite pas de système de réfrigération comme pour les fromages et les périodes de péremption sont plus longues. Elles sont en effet de plusieurs mois pour la plupart d'entre elles.
De plus, en utilisant un système de vente en ligne, je pourrai m'affranchir du coût de la location d'un espace de vente.

En espérant que l'activité de vente des confiseries soit suffisamment rentable, cela me permettrait d'avoir du cash pour le ré-investir dans un local de dégustation de fromages.

Restait alors à trouver un nom de marque pour la future entreprise.

Ayant toujours à l'esprit ma notion de dégustation de fromages, j'estimais que le terme "auberge" s'adaptait bien à mon concept. Il a une connotation de convivialité, une certaine touche de rusticité et d'authenticité et puis il a une consonance bien franchouillarde.

Après de nombreuses heures de réflexion, j'ai retenu comme nom de marque : "Les Auberges @ux 1000 découvertes".

Il me fallait ensuite vérifier que ce nom était bien disponible en effectuant une recherche d'antériorité. Pour ce faire, j'ai commencé, comme tout un chacun, à interroger le web via Google.
Il existe bien des organismes qui proposent des moteurs de recherche, mais ils n'ont aucune valeur au sens juridique.
La seule méthode valable consiste à interroger les bases de données de l'INPI. La démarche, qui est payante, consiste à se procurer des listages extraits à partir de mots clefs que vous leur communiquez. Il faut préalablement choisir des classes qui correspondent au secteur d'activité souhaité pour les marques et les sociétés. Classification longue et laborieuse! De plus il n'est pas toujours évident de choisir certaines classes. Dans le doute, on a tendance à prendre le maximum, c'est plus sûr mais aussi plus cher... Le coût étant en fait proportionnel au nombre de classes choisies.

A réception des listages, il faut ensuite patiemment lire une à une des centaines de lignes dans l'espoir de ne pas tomber sur un nom identique à celui que vous avez choisi. Fastidieux et incertain comme démarche. Car, le moins que l'on puisse dire, c'est que l'INPI est un organisme qui a horreur de la prise de risques. Certainement par expérience, je puis aisément le concevoir. Mais au regard des sommes réclamées pour éditer un simple listage, on pourrait être en droit d'attendre un service plus étoffé. Hors, il n'en est rien.
Car, en plus de se dédouaner de la possibilité d'erreurs, d'une absence de prise en compte des enregistrements en cours, il est clairement notifié sur leurs documents que, en aucun cas, leur responsabilité ne saurait être engagée.

Mais à mon avis, là où le bât blesse vraiment, c'est dans l'interprétation des résultats à partir des informations transmises. En effet, la recherche, outre la correspondance directe mot à mot, doit porter sur d'éventuelles similitudes intellectuelles. Similitude intellectuelle. Que peut on bien sous entendre par ce vocable? quelles sont les limites de raisonnement car si on pousse un tant soit peu la réflexion, on finit par trouver des corrélations complexes, même entre 2 noms ou expressions à priori indépendantes.

Pour ce qui concernait l'expression que j'avais choisie, j'ai trouvé après investigation, une société dénommée "L'auberge aux 1000 saveurs". Certes, à mon sens, le vocable "découvertes" est plus large en signification que saveurs. On peut en effet découvrir autre chose que des saveurs. Mais d'un autre côté j'avais utilisé ce terme dans le sens de la dégustation, et donc de la découverte de nouvelles saveurs. Pas évident!
Là où les choses ont commencé à se corser encore plus, c'est quand j'ai trouvé l'expression "1000 découvertes" et également "les milles et une découvertes". Quand bien même ces marques n'étaient pas associées à la notion d'auberge, n'y avait-il pas risque de similitudes?

Ne parvenant pas à me faire ma propre opinion, j'ai contacté un conseil en propriété industriel. La prestation n'a pas été payante mais sa réponse a été des plus vagues. Pour conclure il a même ajouté: "de toutes façons, en cas de litige, c'est le juge qui tranchera ...". Pas vraiment rassurant.

Je suis resté très perplexe. Toutefois, ne voulant pas hypothéquer le développement futur de l'entreprise que je voulais créer, j'ai finalement décidé de choisir un autre nom.
Après moultes tergiversations, j'ai opté pour "L'Auberge @ux 600 confiseries".
J'ai dû réitérer la démarche complète. Nouvelle consultation payante de la base de données de l'INPI, nombreuses heures d'épluchage des listages Cette fois ci, je n'ai pas identifié de manière évidente de risque de similitude. Encore que me sois cantonné au premier degré.
Le seul problème auquel je n'ai pensé qu'à postériori, c'était que ce nom de me permettait pas d'englober d'autres familles de produits.
Je suis resté ainsi plusieurs semaines sans aucune visibilité sur un nom bien précis. Et puis, un jour en cliquant sur un pop-up, j'ai lancé une recherche sur le nombre de personnes qui portent le même nom que le mien. Plusieurs milliers, répartis inégalement sur le territoire français. Il s'agit donc d'un nom relativement répandu. Sans pour autant atteindre les niveaux des "Martins" ou "Dupont"...
Après une ultime vérification, j'ai choisi d'appeler tout simplement la future société "Les Auberges Duret", n'ayant pas trouvé d'antériorité s'en rapprochant de près ou de loin. Je me suis dit que finalement cette dénomination assez simple résumait bien l'image de la dégustation "made in France" que je cherchais à concrétiser.
Encore un petit effort financier de 225€ à l'INPI (plein pot car pas de possibilité de récupérer la TVA par la suite) et le nom était protégé ... enfin tout du moins déposé officiellement.

vendredi 4 septembre 2009

Le tour de Gaule d'Astérix

Cet été là, je suis parti au Pérou et en Bolivie. Ces pays m'ont beaucoup impressionné par leur authenticité. Les gens, les paysages, les habitations sont en tous points semblables aux clichés traditionnels.

Durant mon séjour, je ne pouvais m'empêcher de faire référence à une bande dessinée de Hergé, lue et relue au cours de mon enfance: Tintin et le temple du soleil. Les similitudes, notamment vestimentaires sont frappantes.


De retour en France, je cherchais toujours une solution pour commercialiser mon concept de vente de fromages. J'étais d'ailleurs conforté en cela par l'intérêt qu'avait suscité mon projet lorsque j'ai eu l'occasion de l'évoquer avec certains péruviens.

C'est au cours d'un repas de famille, alors que je parlais de l'album d'Hergé, que mon fils me raconta alors une anecdote qui a par la suite fait basculer mon choix vers une autre famille de produits que les fromages. Il se trouve qu'il étudiait alors l'hôtellerie et la restauration. Dans le cadre de son stage d'été, il travaillait comme serveur dans un restaurant de bonne facture, situé à proximité de notre domicile. Un jour, il a eu à servir un client de marque: M. Albert Uderzo, le co-auteur des albums Astérix et Obélix, qui était de passage en région parisienne. Je n'ai pas réagi outre mesure sur le coup.

Puis un soir, alors que je prenais ma douche, j'ai subitement repensé à l'album "Le tour de Gaule d'Astérix". Dans cette bande dessinée, Astérix, le gaulois rebel, lance un défi à Jules César l'envahisseur en lui promettant de ramener des spécialités gastronomiques de plusieurs régions de Gaule malgré l'omniprésence des soldats romains.

Somme toute, le thème développé était assez proche de mon projet de concept de vente. J'ai alors réfléchi à la possibilité de réaliser un coffret constitué des spécialités citées dans l'album d'Uderzo. Mais, bien que l'idée fût attrayante, je voyais mal comment conditionner de la bouillabaisse ou bien des saucisses. Deux spécialités dont je me souvenais de tête.


J'ai alors ressorti un vieil album en ma possession, dont certaines pages ne tenaient plus à la couverture que par un fil. En le lisant à nouveau, je suis tombé sur l'épisode des bêtises de Cambrai. Les confiseries ! Et pourquoi pas ?!

En me documentant sur le net, j'ai commencé à découvrir la très grande diversité de confiseries existante dans notre pays. La plupart des articles faisant état d'un recensement proche de 600 variétés différentes.

Grande diversité régionale, conditionnement et stockage relativement aisés; je me suis alors dit que je tenais mon idée pour démarrer mon premier business.


J'ai tout de même relu entièrement l'album, avec grand plaisir il est vrai.


En fouinant sur Google, j'ai également trouvé une anecdote propre à ce tour de Gaule.


En effet, c'est dans cet album qu'Idéfix le petit chien apparaît pour la première fois. Tout d'abord de manière très discrète au détour de l'une des pages. Astérix et Obélix entrent dans une boutique de charcuterie à Lutèce. Situé au pas de la porte un petit chien blanc et noir les attend. Lorsque les deux héros sortent de la boutique, il se met à les suivre obstinément, pendant tout le reste de l'aventure. Ce n'est qu'à la fin de cet album qu'il signalera sa présence en aboyant et que Obélix le remarquera.

Chez Mac Do il y a tout ce qu'il faut

Après le SlowFood, le FastFood ... Et oui, je sais, elle est facile celle-là !

En fait j'ai un aveu à vous faire à propos de mes habitudes alimentaires. Pour des raisons de commodité, et également parce que je suis un piètre cuisinier, j'avais pris l'habitude de dîner tous les soirs au Mc Donald's situé sur mon trajet travail/domicile. Bien que ce type de restauration soit totalement aux antipodes de mon concept, j'y ai néanmoins tiré quelques enseignements intéressants.

Tout d'abord, en terme d'image de marque. Ce qui est remarquable c'est l'extrême simplification à laquelle les dirigeants sont parvenu. Difficile en effet de faire plus simple que l'emblématique M qui orne l'entrée de chaque restaurant. Il s'agit là d'un exemple d'aboutissement ultime auquel peu de sociétés notoires se sont hissées.


D'autre part, lorsque les serveurs préparent votre plateau, ils glissent tout d'abord une feuille de papier qui fit office de dessous de table. Sur le recto de ces feuilles, on peu lire des articles spécifiques sur un sujet lié à la consommation d'aliments. Par exemple on y trouve des explications sur les eaux minérales et leurs effets bénéfiques sur l'organisme. Les contenus caloriques de certains mets proposés sont également décrits avec précision.


Toujours présentés sous une forme ludique et conviviale, ces articles représentent à mes yeux ce que j'appelle sous le vocable support culturel. Il y a toutefois un léger hic. Ces articles ne sont pas toujours en relation directe avec ce que vous avez sur votre plateau.

Il s'agit, en effet, d'une diffusion unilatérale qui n'est pas interactive avec le contenu réel de votre commande. En tous cas, cette pratique conforte mon idée d'ajouter un support culturel en plus de la livraison d'aliments.


Mac Do a également réussi a donner une image vivante et conviviale de son activité. En effet, sa mascotte Ronald Mac Donald, constitue une humanisation de la personne morale qu'est la société. Cette personnalisation la rend d'autant plus attractive pour son public, les enfants en l'occurrence.


Un autre aspect très frappant chez Mac Do, ce sont leurs slogans. Ils sont simples, percutants et anglophones (Mac Drive, Big Mac, Big Tasty ...). Notons par ailleurs l'utilisation de la langue anglaise. Cet emploi est tout à fait logique au regard de la nationalité originelle de la société et de son implantation mondiale. Il est intéressant de souligner que cela ne pose pas de problème particulier d'acceptation par nos concitoyens.
C'est donc ainsi, au fil de mes repas pris, que j'ai défini le slogan qui me servira de support à la communication de mon concept:
Choose évoque la latitude offerte d'un choix à faire parmi une grande variété de produits.
La virgule permet de marquer un temps d'attente: une fois le choix effectué, je prends le temps de l'entériner.

Taste pour je déguste et je découvre de nouvelles saveurs.

& Learn pour j'apprends l'histoire et la géographie de la France. Je découvre des anecdotes, un fait marquant sur le produit que je déguste.

Les 3 points de suspensions, quant à eux, symbolisent l'ouverture vers un processus itératif.

Voilà, il ne restait plus alors qu'à déposer ce slogan à l'Institut National de la Propriété Intellectuelle. Moyennant la modique somme de 225€ tout de même !

jeudi 3 septembre 2009

J'apprends donc je déguste !

J'ai découvert tout à fait par hasard le mouvement SlowFood. Il s'agit d'un mouvement associatif international qui cherche, entre autres, à préserver la cuisine écorégionale. Il a été fondé en Italie en 1989 et son siège est situé dans la ville de Bra dans la région du Piémont.

Cette association s'est étendue à plus de 50 pays au travers le monde. Son logo représente un escargot stylisé. Il fait allusion à la lenteur assumée avec laquelle cet animal trace son chemin. Il souligne le fait que la dégustation doit se faire en prenant son temps pour apprécier pleinement toutes les saveurs existantes. En opposition totale avec la malbouffe et les repas pris sur le pouce.

SlowFood possède d'ailleurs ses propres programmes d'éducation du goût pour les adultes et les enfants.

La notion d'éducation dépend étroitement des supports culturels qu'on lui associe. Et en la matière, notre beau pays la France est particulièrement bien loti. Notre patrimoine historique fait en effet partie des plus riches au monde.
Voilà donc un moyen d'émerveiller un un consommateur. En associant tout simplement un support culturel au plaisir des papilles.
Ainsi, le consommateur peut avoir la sensation de réaliser un véritable voyage gastronomique. Quoi de plus enthousiasmant ?!

Ce créneau est déjà exploité par certains maîtres fromagers qui organisent des séances payantes de dégustation. Elles sont d'ailleurs très prisées. Pendant ces séances, ils fournissent des explications détaillées sur les différentes variétés de pâtes, les procédés d'affinage, la saisonnalité ...

Un peu comme les dégustations/ventes qui sont mises en exergue par la visite d'ateliers de fabrication. Personnellement, je suis amateur de whisky. J'ai souvenance d'une dégustation faite après avoir visité une distillerie en Ecosse. Bien qu'intrinsèquement les produits soient à l'indentique de ceux que l'on trouve dans le commerce, le fait d'avoir vu le flot d'alcool sortant de l'alambic lui conférait une saveur toute particulière. En quelque sorte, j'ai vécu une sorte de transposition d'un image forte ayant été imprimée dans ma mémoire vers mon sens gustatif. Comme pour mieux en réhausser son appréciation. On retrouve également cette sensation lorsque un contenant aguichant permet d'exalter un contenu.

J'ai alors réalisé à quel point le fait de multiplier ces dégustations, tout en se déplaçant virtuellement, pouvait être enthousiasmant. En tout cas suffisamment pour susciter un vif intérêt à faire d'autres découvertes ...
La combinatoire autorisée par la grande diversité augurant de nombreux voyages potentiels passionnant!
Mon concept commençait à s'esquisser de plus en plus clairement. Restait à le formaliser d'une manière concise, percutante et aisément compréhensible par un public international.

dimanche 16 août 2009

Trop de choix tue le choix

Proposer un choix parmi 1000 articles, en soit l'idée est séduisante. Certes, mais est-ce bien raisonnable? Et puis encore faut il que l'ensemble des produits soient disponibles sur le marché à un instant donné.

Après une rapide investigation, il s'est avéré que certaines productions fromagères sont uniquement saisonnières. Cette restriction est toutefois mineure au point de vue quantitatif. Même prise en considération, elle ne change pas la donne de la diversité extrême évoquée.

Je cherchais donc a savoir comment l'esprit humain pouvait l'appréhender.

J'ai récemment dû faire l'acquisition d'un appareil photo numérique en vue d'un séjour aux USA. Je m'étais fixé un budget d'achat dans la fourchette de 150 à 200€.


Habitant à proximité d'une grande zone commerciale, je me suis mis en quête de l'objet convoité. Pour ce faire, je m'étais défini un parcours en boucle pour optimiser mon temps de déplacement. Début chez Darty, puis Planète Saturn et Boulanger pour finir chez Auchan.


Chez Darty, trouver le rayon des appareils photo est une chose aisée tant les indications sont explicites et judicieusement disposées.


Par contre, une fois arrivé devant l'étalage des appareils en démonstration, l'apparente simplicité n'est plus de mise. Même en appliquant mon critère de tri basé sur ma fourchette de prix, la diversité est telle qu'il me faut plusieurs longues minutes pour détailler les notices techniques pourtant concises.


La multiplicité des caractéristiques, couplée à des différences minimes accaparent toute mon attention au détriment de mon raisonnement et donc mon aptitude à faire un choix. Un peu comme les premières heures de pilotage d'avion, où l'attention sur l'environnement est telle que le cerveau est incapable d'effectuer des opérations très simples.


J'ai donc décidé de me rendre dans le magasin suivant. Mais, comme c'était prévisible, il s'agissait d'un copié/collé du précédent avec quelques variations infimes sur les prix . La présentation des caractéristiques techniques était elle aussi légèrement différente.
Alors, j'ai fait comme une majorité de clients J'ai sollicité l'avis d'un conseiller de vente. Fort compétent d'ailleurs. Mais il m'a orienté malgré moi vers un choix qui lui était propre. Bien qu'il ait intégré mes critères d'utilisation potentielle.
J'ai donc rencontré des difficultés à prononcer un choix parmi quelques dizaines d'articles. A ma décharge, ils étaient très homogènes.

Une rapide transposition à mes fromages me laissa des plus perplexe.

Cependant, je me demandais quelle pouvait être la limite admissible de la diversité du choix pour un consommateur moyen. C'est pour cette raison que j'ai intégré cette question dans mon sondage d'opinion. J'avais pour cela proposé un choix multiple allant de 10 à 1000 par paliers.

La réponse obtenue est sans équivoque. Au delà de 30 voir 50 articles, l'esprit humain éprouve de grandes difficultés à choisir.
Cette conclusion allait bien évidemment à l'encontre de mon projet. Je ne pouvais toutefois pas l'ignorer. Il m'a bien fallu admettre la réalité du vieil adage: "Trop de choix tue le choix".
J'ai fait contre mauvaise fortune bon coeur. Je disposais au moins d'une information valide pour mener plus en avant mes investigations.
J'ai aussi retenu le côté indispensable de l'accompagnement dans le choix.

Ma nouvelle problématique était donc assez simple. Comment rendre le choix parmi quelques dizaines d'articles enthousiasmant plutôt que contraignant?

mardi 11 août 2009

La pause de 10h00

Je suis originaire de la ville d'Annecy, en Haute-Savoie. Plus précisément d'un petit hameau situé à quelques kilomètres, en pleine campagne. J'y ai vécu toute mon enfance.

A cette époque, mes parents habitaient dans une ancienne ferme rénovée. Mon grand-père logeait dans une petite maison située de l'autre côté de la rue. Retraité, il occupait une bonne partie de ses journées à l'entretien de son jardin.
Pendant les vacances scolaires, je le rejoignais souvent pour l'assister dans ses tâches de jardinage. Il me prodiguait alors nombre de conseils issus de ses longues années d'expérience.

En général, j'y allais en début de matinée après avoir pris un petit déjeuner frugal.
Car, vers 10H00, c'était la pause casse croûte !
Cette tradition, mon grand-père la tenait de ses propres parents et grand-parents qui étaient cultivateurs. Habitués à commencer leur journée de labeur vers 5h00 du matin, cela leur permettait de faire un break tout en se restaurant et ainsi tenir de tenir jusqu'au repas de midi, voir même parfois le dîner du soir ...

Mon grand-père suivait alors une sorte de rituel immuable. Après s'être lavé les mains avec de l'eau de pluie récupérée dans un seau, il se rendait à la cave pour la fameuse pause. Il ouvrait alors la porte d'un ancien placard et en ressortait un plateau en bois sur lequel trônait une tome de savoie protégée par une cloche faite à l'aide d'un grillage aux mailles très fines. Ensuite, il sortait son opinel, tranchait 2 parts généreuses, puis me tendait un morceau après avoir enlevé le minimum de croûte.

Après, il dénouait les 4 coins d'une serviette à carreaux rouges et blancs qui entourait la boule de pain de campagne et découpait 2 grandes tranches. Le pain était parfois un peu rassis. Mais cela m'était bien égal et puis cela donnait une saveur toute particulière à la tome. Pendant que je me régalais, mon grand-père se servait son "canon de rouge". Un verre de vin rouge, de piètre qualité, qu'il avalait d'un trait après avoir fini son fromage.

J'ai gardé un souvenir intact de ces purs moment de bonheur.

Voilà donc ce qui manquait sur l'affiche des 1000 fromages, pourtant riche en formes et couleurs: la notion de dégustation.
C'est ainsi que j'en suis venu à me demander: pourquoi ne pas utiliser le cliché traditionnel de mon grand-père comme un outil promotionnel global?
Certes, de grandes marques de fromages l'ont déjà utilisé. Je me souviens notamment du slogan: "du pain, du vin, du Boursin". Mais toujours à titre unitaire. Jamais sur une palette de 1000 échantillons.
Pourquoi ne pas proposer à la dégustation l'ensemble des 1000 fromages recensés en France?

lundi 10 août 2009

Superlatifs divers cités

Pendant les mois qui ont suivi, j'ai souvent repensé à l'affiche des fromages.
J'ignore quelles ont été les retombées commerciales de cette campagne publicitaire pour les auteurs, en tout cas en ce qui me concerne, elle fut comme une sorte de révélation.

Régulièrement, la même question me venait à l'esprit:
Et si l'exploitation de la richesse gastronomique de notre beau pays était encore incomplète?

Somme toute, ce qui m'avait le plus interpellé, c'était l'énorme diversité mise en avant avec ce chiffre de 1000 produits différents au sein d'une même famille.

Je me suis donc empressé de questionner mon entourage: proches, amis et collègues de travail pour connaître l'ordre de grandeur qu'ils avaient en tête. Mais la disparité des réponses obtenues était telle que cela ne m'a pas permis de tirer de conclusion évidente.

C'est pour cette raison que j'ai par la suite réalisé un sondage d'opinion en bonne et due forme. Pour ce faire, j'ai rédigé un questionnaire sur les différents fromages et leur mode de consommation, dans lequel j'ai glissé une question spécifique sur le nombre supposé être existant.

Je l'ai ensuite soumis à un échantillon très éclectique de 58 personnes (différentes catégories socio-professionnelles, étrangers de plusieurs pays du monde entier). Cette fois ci, la conclusion s'est dégagée bien plus nettement. Il se trouve en effet que la diversité fromagère de notre pays est majoritairement estimée dans la fourchette de 300 à 500 produits.

Globalement donc, les consommateurs, avérés ou potentiels, sont conscients de l'importance de la diversité. Ils la sous-estiment toutefois de moitié.
J'ai également acheté et lu plusieurs livres traitant de l'ensemble des fromages recensés en France. Le chiffre de 1000 fait en effet la quasi unanimité. J'en ai même trouvé un qui énumère une liste de 1200 variétés, on frôle le superlatif !

mardi 4 août 2009

Une journée de grêve pas comme les autres

Je me souviens, c'était un lundi en plein hiver, il faisait froid et quelques flocons de neige commençaient à tomber. Ce matin là, comme tous les lundis, je m'étais levé à 5h30 pour me rendre sur mon lieu de travail situé à une centaine de kilomètres de mon domicile.

Peu avant 8h00, alors que j'arrivais près de l'entrée de l'usine, j'aperçois un attroupement inhabituel. Des brûlots sont allumés et des opérateurs du site viennent, tour à tour, se réchauffer les mains au-dessus des flammes.
Verdict: le site est bloqué. Personne de peut entrer ni sortir car tous les opérateurs sont en grève illimitée. Il faut dire que pendant le weekend, la direction du site avait essayé de sortir discrètement des moyens de production pour les envoyer dans un site localisé en Tunisie.

Un vent glacial s'est levé, je commence à grelotter. Bien que faisant partie des cadres dirigeants de l'entreprise, je me surprends à être compatissant envers ces gens déterminés qui bravent le froid piquant et se battent bec et ongles pour sauver leurs emplois. J'ai fait toute ma carrière dans l'industrie automobile chez différents équipementiers. J'y ai connu nombre de conflits sociaux, de restructurations et de fermetures de sites. Mais cette fois là, je sens un certain ras le bol m'envahir progressivement.

Une consigne tombe sur les téléphones portables: tous les cadres doivent se rejoindre à l'hôtel Campanile situé à quelques kilomètres de l'usine. Dans la voiture je m'interroge. Cette course en avant, ces délocalisations à outrance que j'ai toujours cautionné jusqu'alors, est-ce réellement la bonne solution?

Depuis le Campanile, nous suivons (bien au chaud) les péripéties des tractations en cours. Blasé et résigné, je consulte mes émails sur mon Blackberry pour répondre à mes clients. J'exerce en effet une fonction de directeur qualité et les clients sont toujours extrêmement inquiets sur les incidences potentielles des grèves sur la qualité des pièces livrées ensuite ...
J'étais donc assis en train d'écrire un message quand, soudain, je lève la tête et mon regard s'arrête sur une affiche collée sur le mur. Les bords de l'affiche sont écornés et je me dis qu'elle ne doit pas être récente. On peut y lire le slogan suivant: La France aux 1000 fromages. Les auteurs de cette publicité ont en fait regroupé sur la carte de la France l'ensemble des 1000 fromages répertoriés et les ont positionnés dans la région où ils sont fabriqués.
Intérieurement je réfléchi et me dis que si en France nous ne savons pas garder toute notre industrie, au moins possédons nous un patrimoine gastronomique mondialement connu. Et vendu à l'exportation pour la majeure partie. Ce patrimoine lui en tous cas ne risque pas beaucoup de délocalisation. Quoi que, dans le cas de la production viticole par exemple, nombre de cépages français d'origine sont maintenant cultivés de par le monde.
J'étais toutefois interloqué par le nombre de fromages indiqué sur l'affiche. Je n'imaginais pas, en effet, une telle diversité de produits laitiers en France. J'avais d'ailleurs en tête l'expression de Winston Churchill pendant la 2ème guerre mondiale, citant "la France, ce pays aux 300 fromages ..."; mais là, quel éventail de choix ! Il faudrait des mois pour tous les goûter. Et puis par lequel commencer?
La grève c'est arrêtée, les moyens de production n'ont pas été transférés.
Tout du moins pas cette fois là ...